Recommandations fondamentales formulées à l'intention des pouvoirs publics
Les gouvernements devraient ratifier et appliquer les conventions fondamentales de l'Organisation internationale du Travail sur la santé et la sécurité au travail, notamment la Convention n° 139 sur le cancer professionnel, la Convention n° 162 sur l'amiante, la Convention n° 155 sur la santé et la sécurité au travail, la Convention n° 167 sur la santé et la sécurité dans la construction et la Convention n° 170 concernant la sécurité dans l’utilisation des produits chimiques.
La prévention des cancers professionnels devrait être reconnue par les gouvernements comme une priorité majeure de santé publique, et des fonds devraient être attribués à cette prévention en conséquence.
Une campagne nationale de sensibilisation aux cancers professionnels et aux agents cancérogènes devrait être organisée.
Un groupe de travail tripartite, composé de représentants de gouvernements, de syndicats, d'employeurs, d'organismes chargés d'organiser des campagnes en faveur de la santé et de la sécurité, et d'associations de défense des victimes de maladies professionnelles, devrait examiner la stratégie nationale adoptée pour lutter contre les cancers professionnels.
Chaque fois que cela est possible, les carcinogènes du Groupe 1 (définis) et du Groupe 2A (probables) établis par le CIRC devraient faire l'objet d'une élimination progressive dans un délai déterminé pour être remplacés par d'autres substances moins dangereuses.
Une législation visant à réduire l'utilisation des produits toxiques devrait être adoptée pour encourager l'utilisation des substances et procédés homologués les moins dangereux. Le principe de précaution devrait être appliqué aux substances suspectées de causer le cancer chez l'homme.
Un système national de registres sur la santé au travail devrait être établi pour faire en sorte que les expositions sur le lieu de travail et d'autres facteurs de risques de cancers professionnels soient convenablement enregistrés. Les employeurs se doivent d'informer les travailleurs qu'ils sont exposés à des risques de cancer et à des carcinogènes sur le lieu de travail, connus ou présumés.
Une base de données nationale sur les expositions devrait être créée.
Les autorités sanitaires nationales et les autorités nationales chargées de la sécurité devraient allouer des ressources pour la formation des délégués syndicaux à la sécurité aux techniques "épidémiologie non professionnelle" permettant de dépister très tôt les maladies professionnelles, dont le cancer.