Les syndicats indiens lancent des manifestations à l'échelle nationale contre la suspension de la législation du travail

26 May 2020 04:16


Répondant à l'appel des syndicats centraux (CTU), les affiliés indiens de l'IBB ont rejoint le 22 mai une manifestation pacifique à l'échelle nationale contre la suspension de la législation du travail dans les principaux États de l'Inde et le sort déplorable des travailleurs migrants. 

Il a été signalé que plusieurs États, en réponse au ralentissement économique du au COVID-19, ont adopté des lois portant la durée du travail de 8 heures par jour actuellement à 12 heures par jour, et suspendant les lois du travail qui protègent les principes et droits fondamentaux au travail, notamment la protection contre la violation des principes de la liberté syndicale et du travail forcé et obligatoire. 

Dans les États d'Odisha, du Bihar, du Madhya Pradesh et de New Delhi, l'INBCWF, le NOBSM, l'OFMFPWU, OKKS, CLU, MPTSMC, DANMU et DSEWU ont organisé des manifestations pour protester contre les mesures anti-travail du gouvernement. De nombreux travailleurs ont exprimé leur solidarité aux manifestations nationales en portant des badges noirs et en organisant des réunions à l'heure du déjeuner.  

Les syndicats ont également soumis des mémorandums et des pétitions aux autorités. Dans l'État du Pendjab, le BMS a remis un mémorandum en 19 points au Receveur, chef administratif du district d'Amritsar.

Une initiative similaire a été menée dans l'État d'Himachal Pradesh, d'AHPWDIPHCWU où un mémorandum a été remis au Premier Ministre de l’Etat. En Inde du Sud, le TCTU, le TKTMS, le SGEU et l'INRLF dans l'État du Tamil Nadu ont soumis un mémorandum au Premier ministre indien, au ministre d'État au Travail et aux partis politiques. 

Pendant ce temps, la CTU a déclaré qu'elle avait soumis une pétition, signée par dix syndicats centraux, au Premier ministre indien Narendra Modi. La pétition attire l’attention du gouvernement sur un certain nombre de questions clés, notamment la suspension de la législation du travail et le sort des travailleurs migrants. La pétition dénonçait également la décision du gouvernement de poursuivre la privatisation.  

Rama Chandra Khuntia, vice-présidente du Congrès national des syndicats indiens (INTUC) et présidente du Conseil des affiliés indiens de l'IBB, a félicité tous les syndicats qui ont participé aux manifestations. « Nous remercions tous les affiliés de l'IBB qui ont participé aux manifestations nationales. Nous espérons que le gouvernement écoutera les travailleurs, dont la voix a été entendue dans les différentes parties du pays. Nous appelons le gouvernement national à reconnaître les droits des travailleurs et à rejeter les mesures anti-travail adoptées par plusieurs États. Nous appelons également le gouvernement à donner la priorité au retour en toute sécurité des travailleurs migrants dans leurs foyers en leur fournissant des transports et des vivres gratuits. »