16 March 2026
PLUS FORTS, ENSEMBLE : LES TRAVAILLEURS MIGRANTS S'OPPOSENT À LA GUERRE AU MOYEN-ORIENT
(Photo : John Wessels—AFP/Getty Images)
Le 13 mars 2026, l'Internationale des travailleurs du bâtiment et du bois (IBB) a organisé une réunion en ligne à laquelle ont assisté des dirigeants communautaires et des travailleurs migrants du Conseil de coopération du Golfe (CCG). Réunion en presence du secrétaire général de l’IBB Ambet Yuson, du secrétaire général adjoint Tos Anonuevo, et de sa directrice mondiale des campagnes Paola Cammilli, afin que les représentants des travailleurs migrants d'Asie du Sud, d'Asie du Sud-Est et d'Afrique puissent partager leurs préoccupations et préoccupations concernant la guerre d'agression initiée par les États-Unis et Israël contre l'Iran, les frappes de riposte ultérieures de l'Iran, ainsi que l'escalade militaire à travers le Golfe et le Moyen-Orient.
Les participants ont échangé sur l'escalade des tensions et les angoisses chez les travailleurs migrants dont l’emploi et le statut de résidence restent étroitement liés à leurs employeurs. Beaucoup craignent des perturbations professionnelles, les employeurs pouvant utiliser la crise comme prétexte pour suspendre leur travail, retarder ou retenir sur les salaires, les évacuations ou l'instabilité économique qui pourrait affecter l’envoie d’argent pour les besoins de leur famille. La hausse des prix alimentaires met la pression sur la précarité des vies.
Plusieurs travailleurs ont décrit leur dilemme quotidien, principalement concernant la sécurité et la survie. Selon un participant : « Si je reste à la maison, ma famille meurt de faim. Mais si je vais travailler, je ne reviendrai peut-être pas. »
La discussion a également mis en lumière l'absence d'une protection sociale globale pour les travailleurs migrants. Dans de nombreux cas, les communautés migrantes elles-mêmes interviennent pour se soutenir mutuellement et combler les lacunes qui devraient l’être par les systèmes de protection gouvernementaux, révélant ainsi des injustices de longue date subies par les travailleurs migrants à travers la région. Les participants ont également souligné la vulnérabilité accrue des travailleurs domestiques. Beaucoup restent isolés dans des maisons privées et travaillent de longues heures pendant le Ramadan tout en faisant face à une peur et à une incertitude croissantes.
Ambet Yuson a souligné le coût humain du conflit, affirmant que « ce sont les travailleurs qui sont les perdants dans cette situation, pas les gangs belliqueux “ et mis en exergue l’importance de la solidarité, particulièrement en période de crise géopolitique.
Une autre préoccupation mise en avant concernait les travailleurs migrants actuellement bloqués dans leur pays d'origine mais qui souhaitent toujours reprendre leur emploi dans le Golfe. Malgré les risques et les craintes engendrés par le conflit, de nombreux travailleurs souhaitent encore revenir en raison du manque d'opportunités de subsistance dans leur pays d'origine. Pour de nombreuses familles, l'emploi dans le CCG reste leur seule source de revenus fiable.
Dans tout le CCG, en particulier au Qatar, le sentiment prédominant parmi les travailleurs migrants est celui d'une résilience prudente. L'État du Qatar a pris des mesures importantes pour rassurer les citoyens et les habitants que la situation reste sous contrôle. Bien que la guerre ait indéniablement suscité peur et tension, de nombreux travailleurs affirment ne pas être prêts à être rapatriés car ils n'ont pas d'alternative viable.
La réunion s'est conclue par une décision de rester connectés, de se soutenir mutuellement et continuer à défendre la protection et le bien-être des travailleurs migrants à travers la région. En temps de conflit, le message était clair : la solidarité reste le bouclier le plus solide pour les travailleurs loin de chez eux.
Cliquer ici pour lire la déclaration de l’IBB sur la guerre et l'escalade des attaques militaires