9 April 2026

L'IBB SE JOINT À TOUTES LES FÉDÉRATIONS SYNDICALES INTERNATIONALES POUR METTRE EN GARDE CONTRE UN RECUL DES DROITS À L'HEURE OÙ LA GOUVERNANCE DES MIGRATIONS FAIT FACE À UN TEST CRITIQUE

(Photo : Matt Cardy/Getty Images)

Genève, le 9 avril 2026 – Le mouvement syndical mondial a lancé un avertissement ferme à la veille du Forum international d’examen des migrations (IMRF) de 2026, exhortant les gouvernements à ne pas affaiblir leurs engagements en faveur d’une gouvernance des migrations fondée sur les droits, à l’heure où l’on assiste à une montée du rejet politique et à la mise en place de politiques migratoires restrictives à l’échelle mondiale.

Dans une déclaration commune publiée par les dix fédérations syndicales internationales (FSI), représentant les travailleurs de tous les secteurs de l’économie mondiale, les syndicats soulignent que l’IMRF doit rester un espace permettant de faire progresser, et non de reculer, les principes du Pacte mondial sur les migrations.

L’IMRF intervient à un moment de régression manifeste. Des pratiques d’expulsion et de rapatriement aux États-Unis au renforcement des contrôles aux frontières, en passant par la facilitation des expulsions et l’extension des approches de « pays tiers sûr » en Europe, les politiques migratoires ont dépassé le stade de la dissuasion et impliquent de plus en plus des violations directes des droits fondamentaux et des engagements pris par les États dans le cadre des accords internationaux sur les migrations. Dans ce contexte, les syndicats avertissent que la migration est façonnée par des forces qui échappent au contrôle des travailleurs, notamment les conflits, les inégalités et la crise climatique, et qu’elle ne peut être réduite à des outils de gestion des frontières ou d’offre de main-d’œuvre.

Représentant les travailleurs au-delà des frontières, dans tous les secteurs et à toutes les étapes de la migration, dans les économies formelles et informelles, les dix syndicats internationaux soulignent que la migration est une question qui touche l’ensemble des systèmes économiques. Les travailleurs migrants soutiennent des secteurs essentiels dans le monde entier, mais restent systématiquement exclus de la protection et sont souvent les premiers à perdre leurs revenus et leur sécurité en temps de crise.

Les dix syndicats mondiaux expriment leur profonde inquiétude face à l’abandon d’une approche fondée sur les droits. L’affaiblissement des références explicites aux normes internationales du travail, à l’inspection du travail et aux droits fondamentaux risque de réduire la gouvernance des migrations à un simple outil du marché du travail, traitant les travailleurs comme des marchandises plutôt que comme des titulaires de droits.

Pour le mouvement syndical mondial, le message est clair : l’IMRF ne doit pas devenir un forum de recul. Il doit réaffirmer que la gouvernance des migrations repose sur les droits humains et les droits du travail, le travail décent et la justice sociale.

« On ne peut pas parler de migration équitable tout en ignorant le droit de s’organiser. La liberté syndicale et la négociation collective sont ce qui donne corps aux droits. Si les travailleurs migrants ne peuvent pas s’organiser, ne peuvent pas négocier, ne peuvent pas se défendre, alors tous les autres engagements sont vides de sens. L’IMRF ne doit pas légitimer un modèle qui traite les travailleurs comme des éléments jetables », a déclaré Ambet Yuson, secrétaire général de l’IBB.

À l’heure où les discours d’extrême droite gagnent du terrain et où la pression sur le multilatéralisme s’intensifie, le message du mouvement syndical mondial est sans équivoque : il ne peut y avoir aucun recul sur les droits des travailleurs migrants.

Téléchargez la déclaration en anglais et en espagnol.